Sites Naturels Remarquables
Massif des Maures
Massif forestier entre Hyères et Fréjus, chênes-lièges, châtaigneraies de Collobrières, Chartreuse de la Verne et village des tortues de Gonfaron.
L’essentiel en 30 secondes
Massif forestier entre Hyères et Fréjus, chênes-lièges, châtaigneraies de Collobrières, Chartreuse de la Verne et village des tortues de Gonfaron.

À découvrir
Entre Hyères et Fréjus, le massif des Maures forme un long dos boisé qui sépare le littoral varois de l’arrière-pays, sur une soixantaine de kilomètres de crêtes couvertes de chênes-lièges, de châtaigniers et de pins parasols. Contrairement aux calcaires clairs qui dominent ailleurs en Provence, les Maures reposent sur un socle de roches cristallines sombres, ce qui donne au massif sa teinte particulière et sans doute son nom.
D’où vient le nom du massif des Maures ?
Contrairement à une idée reçue assez répandue, le nom des Maures ne viendrait pas des envahisseurs sarrasins qui ont marqué l’histoire de cette partie de la Provence, mais du mot provençal « mauro », qui désigne une couleur sombre, en référence à la teinte foncée des roches et de la végétation du massif.
Cette confusion, entretenue depuis longtemps dans la culture populaire locale, reste néanmoins compréhensible : les Sarrasins ont effectivement occupé certains points du littoral varois au haut Moyen Âge, notamment autour de La Garde-Freinet, et cette présence historique réelle a probablement renforcé l’association avec le nom du massif au fil du temps.
Un massif façonné par le chêne-liège et la châtaigne
Le chêne-liège, arbre emblématique des Maures, a longtemps fourni une ressource économique importante à la région, son écorce étant récoltée périodiquement pour la fabrication de bouchons et d’autres produits en liège. Cette activité, aujourd’hui bien plus modeste qu’à son apogée, reste visible sur certains arbres dont le tronc porte encore les traces caractéristiques des récoltes successives.
Le châtaignier occupe une place tout aussi importante dans l’identité du massif, en particulier autour de Collobrières, village considéré comme la capitale de la châtaigne varoise. La châtaigneraie, entretenue depuis des générations, alimente une production locale de marrons glacés et de produits dérivés qui fait la réputation de la commune bien au-delà du département.
La Chartreuse de la Verne, un monastère isolé au cœur du massif
Perdue au milieu des bois, la Chartreuse de la Verne occupe un site isolé, fondée au XIIe siècle par des moines chartreux en quête d’un lieu propice au silence et à la contemplation. Détruit et reconstruit à plusieurs reprises au fil des siècles, l’édifice a été restauré à partir des années 1980 et accueille aujourd’hui une communauté religieuse tournée vers l’accueil spirituel.
La visite, partielle, permet de découvrir les bâtiments conventuels construits en pierre locale et en grès, dans un cadre forestier qui renforce encore le sentiment d’isolement voulu à l’origine par les fondateurs du monastère. L’accès se fait par une piste forestière qui ajoute elle-même à cette impression d’éloignement, bien réelle malgré la relative proximité du littoral à vol d’oiseau.
Le village des tortues, un site de conservation unique
À Gonfaron, en lisière du massif, le Village des Tortues se consacre à la préservation de la tortue d’Hermann, seule espèce de tortue terrestre encore présente à l’état sauvage en France, dont une grande partie de la population survivante se concentre justement dans le massif des Maures. Ce centre mène des programmes de reproduction et de réintroduction destinés à soutenir une population fragilisée par les incendies et la perte d’habitat naturel.
La visite du site permet de mieux comprendre les menaces qui pèsent sur cette espèce emblématique du massif, et pourquoi sa préservation reste étroitement liée à celle de la forêt méditerranéenne dans son ensemble.
Un massif régulièrement marqué par les incendies
Le massif des Maures fait partie des zones forestières les plus exposées au risque d’incendie en France, une réalité qui a marqué son histoire récente à plusieurs reprises, avec des épisodes de feux particulièrement destructeurs touchant tour à tour différents secteurs du massif au fil des décennies. Cette vulnérabilité, liée à la sécheresse estivale, au relief et à la nature de la végétation, explique les nombreuses mesures de prévention mises en place chaque été, dont des restrictions d’accès à certains sentiers lors des pics de risque.
Se renseigner sur le niveau de risque en vigueur avant de partir en randonnée dans le massif, surtout entre juin et septembre, reste une précaution essentielle, tout comme respecter scrupuleusement l’interdiction de fumer ou d’allumer un feu en forêt durant cette période.
Randonner dans les Maures
Le point culminant du massif, le signal de la Sauvette, culmine à un peu plus de sept cent soixante-dix mètres et offre par temps clair des vues qui portent jusqu’au littoral et parfois jusqu’aux îles d’Or, un panorama qui récompense largement l’effort de la montée. De nombreux sentiers balisés traversent le massif, entre villages comme Collobrières et La Garde-Freinet, offrant une immersion complète dans cette Provence forestière assez différente de l’image balnéaire habituelle du Var.
Cette partie de l’arrière-pays varois complète bien une découverte du littoral, notamment depuis des communes proches comme Ramatuelle, dont le territoire touche déjà les premiers contreforts du massif.
Questions fréquentes
Le massif des Maures doit-il vraiment son nom aux invasions sarrasines ?
Non, l’origine la plus probable est le mot provençal « mauro », qui signifie sombre, en référence à la couleur des roches et de la végétation, même si la présence historique de Sarrasins dans la région a entretenu la confusion.
Peut-on visiter la Chartreuse de la Verne ?
Une partie des bâtiments se visite, mais les horaires et modalités varient selon les périodes, une communauté religieuse occupant toujours une partie du site ; mieux vaut vérifier avant de s’y rendre.
Pourquoi la tortue d’Hermann est-elle emblématique du massif des Maures ?
C’est l’une des dernières populations sauvages de cette espèce en France, particulièrement menacée par les incendies et la disparition de son habitat naturel dans le massif.
Quelle est la meilleure saison pour randonner dans les Maures ?
Le printemps et l’automne offrent des températures plus clémentes et un risque d’incendie généralement plus faible que l’été, période durant laquelle certains sentiers peuvent être fermés par précaution.
Collobrières est-elle facilement accessible depuis le littoral varois ?
Oui, le village se rejoint en moins d’une heure de route depuis la plupart des stations du littoral, à travers des routes de montagne qui traversent une bonne partie du massif.
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