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Abbaye de Montmajour
L'abbaye de Montmajour, près d'Arles : histoire, architecture et lien avec Van Gogh, avec les conseils pratiques pour la visite.
L’essentiel en 30 secondes
L'abbaye de Montmajour, près d'Arles : histoire, architecture et lien avec Van Gogh, avec les conseils pratiques pour la visite.

À découvrir
À quelques kilomètres au nord-est d’Arles, une masse de pierre claire émerge des vestiges de marais asséchés depuis longtemps. L’abbaye de Montmajour occupait autrefois un îlot rocheux entouré d’eau stagnante, un site presque insulaire choisi par les moines bénédictins pour son isolement. Aujourd’hui reliée au continent par des terres agricoles, elle garde ce charme un peu austère qui a séduit Van Gogh lors de son séjour arlésien.
Une fondation bénédictine née sur une île
L’abbaye est fondée en 949 par des moines bénédictins venus s’installer sur ce promontoire rocheux alors entouré de marécages, un environnement hostile qui garantissait aux religieux la tranquillité recherchée pour leur vie monastique. Le nom même de Montmajour, dérivé du latin « Mons Major », évoque cette colline plus importante que les autres reliefs environnants, à peine perceptibles dans ce paysage globalement plat de la plaine arlésienne.
Au fil des siècles, la communauté s’enrichit et fait bâtir un ensemble architectural conséquent, mêlant plusieurs styles selon les époques de construction : l’église abbatiale romane, un cloître, une crypte semi-souterraine taillée en partie dans le rocher, et une imposante tour défensive connue sous le nom de tour de l’Abbé, ajoutée plus tardivement pour protéger la communauté durant les périodes troublées de la fin du Moyen Âge.
Ce que l’on découvre en visitant l’abbaye
L’église Notre-Dame et la crypte
L’église abbatiale, de style roman provençal, surprend par ses volumes sobres et sa nef inachevée, le chantier n’ayant jamais été entièrement terminé selon le projet initial. Juste en dessous, la crypte semi-enterrée, en partie creusée directement dans la roche, dégage une atmosphère particulière liée à cette construction hybride entre pierre taillée et rocher naturel.
Le cloître
Comme dans la plupart des abbayes de cette période, le cloître organisait la vie quotidienne de la communauté autour d’une galerie couverte. Les chapiteaux sculptés qui subsistent témoignent du savoir-faire des tailleurs de pierre romans, malgré les dégradations subies au fil des siècles.
La tour de l’Abbé
Ce donjon défensif, que l’on peut gravir jusqu’à son sommet, offre un panorama étendu sur la plaine d’Arles, la Camargue au loin et les Alpilles à l’horizon opposé, l’un des meilleurs points de vue de la région pour qui prend le temps de monter les marches.
La chapelle Sainte-Croix
Un peu à l’écart de l’abbaye principale, cette petite chapelle en forme de croix grecque, entourée d’un cimetière rupestre creusé directement dans la roche, complète l’ensemble avec un charme plus discret et moins fréquenté que le corps principal du monument.
Du déclin à la restauration
Comme de nombreuses abbayes françaises, Montmajour connaît un déclin progressif à partir du XVIIe siècle, période durant laquelle la discipline monastique se relâche et la communauté religieuse perd de son influence. La Révolution française porte le coup final : l’abbaye est vendue comme bien national, en partie démantelée, et certains de ses bâtiments servent alors de carrière de pierre pour les constructions environnantes, un sort commun à beaucoup d’édifices religieux de cette époque.
Il faut attendre le XIXe siècle et l’intérêt naissant pour le patrimoine médiéval pour que Montmajour bénéficie d’une première protection, puis des campagnes de restauration successives menées au XXe siècle, qui ont permis de stabiliser et de consolider l’ensemble du site tel qu’on peut le visiter aujourd’hui, sans pour autant reconstruire les parties disparues afin de préserver l’authenticité des vestiges.
Van Gogh et Montmajour
Durant son séjour à Arles en 1888, Vincent van Gogh s’est rendu à plusieurs reprises à l’abbaye de Montmajour, un site qu’il a représenté dans plusieurs dessins et peintures. Le peintre appréciait particulièrement la vue depuis les hauteurs du site sur la plaine environnante, un motif qu’il a retranscrit avec l’énergie graphique caractéristique de sa période provençale. Cette filiation artistique, aujourd’hui bien documentée, ajoute une dimension supplémentaire à la visite pour les amateurs de peinture.
Pourquoi visiter l’abbaye de Montmajour plutôt qu’un autre monument des Bouches-du-Rhône ?
Montmajour se distingue par la diversité de ses éléments architecturaux réunis sur un même site, de l’église romane à la tour défensive médiévale en passant par la crypte semi-troglodytique, ce qui en fait une visite plus complète que beaucoup d’autres monuments et châteaux de la région sur une surface de visite comparable. Sa proximité immédiate avec Arles, à quelques minutes de route seulement, permet également de la combiner facilement avec la visite de la ville sans nécessiter une longue excursion.
Informations pratiques
L’abbaye se situe à environ cinq kilomètres du centre d’Arles, aisément accessible en voiture. Les horaires d’ouverture varient sensiblement entre la saison estivale et l’hiver, où les plages d’accueil sont réduites : mieux vaut vérifier les informations à jour avant de partir plutôt que de se fier à un horaire ancien. Comptez environ une heure pour parcourir l’ensemble du site, davantage si vous montez au sommet de la tour de l’Abbé et prenez le temps d’observer le panorama.
Arles, toute proche, permet de prolonger la visite avec son patrimoine antique classé, tandis que la Camargue voisine offre un contraste complet entre patrimoine bâti et nature sauvage sur une même journée dans les Bouches-du-Rhône.
Questions fréquentes
Pourquoi l’abbaye de Montmajour a-t-elle été construite sur une île ?
Les moines bénédictins fondateurs recherchaient l’isolement, à une époque où le site était entouré de marécages, un environnement qui garantissait tranquillité et protection naturelle à la communauté religieuse.
Van Gogh a-t-il peint l’abbaye de Montmajour ?
Il l’a surtout dessinée et représentée à plusieurs reprises durant son séjour arlésien de 1888, appréciant particulièrement le panorama offert depuis les hauteurs du site sur la plaine environnante.
Combien de temps prévoir pour visiter Montmajour ?
Environ une heure suffit pour l’essentiel du site, un peu plus si vous montez au sommet de la tour de l’Abbé et prenez le temps d’observer le panorama sur la Camargue et les Alpilles.
L’abbaye est-elle facilement accessible depuis Arles ?
Oui, elle se trouve à environ cinq kilomètres du centre-ville, accessible en quelques minutes de route, ce qui en fait une excursion facile à combiner avec une visite d’Arles.
Reste-t-il des moines à l’abbaye de Montmajour aujourd’hui ?
Non, l’abbaye ne fonctionne plus comme lieu de culte actif et se visite aujourd’hui uniquement comme monument historique géré par les autorités du patrimoine.
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