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Mont Ventoux
Sommet mythique du Tour de France, panorama à 360° sur la Provence : nos conseils pour découvrir le Mont Ventoux à pied, à vélo ou en voiture.
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L’essentiel en 30 secondes
Sommet mythique du Tour de France, panorama à 360° sur la Provence : nos conseils pour découvrir le Mont Ventoux à pied, à vélo ou en voiture.

À découvrir
De loin, on le prend souvent pour un sommet enneigé, même en plein mois d’août. Ce blanc qui coiffe le Mont Ventoux toute l’année n’est pourtant que du calcaire concassé, mis à nu par des siècles de vent et d’érosion. Isolé de tout autre massif, visible depuis une bonne partie de la Provence, le Géant de Provence culmine à 1 912 mètres et impressionne autant les cyclistes venus s’y mesurer que les randonneurs en quête d’un des plus vastes panoramas du sud-est de la France.
Un sommet à part, isolé de tout
Contrairement aux massifs alpins qui l’entourent au loin, le Mont Ventoux se dresse en avant-poste solitaire, détaché de toute chaîne de montagnes. Cette position explique en grande partie son climat extrême : le mistral y souffle en moyenne plus de 200 jours par an, et des rafales dépassant 300 km/h y ont déjà été enregistrées au sommet, un record parmi les plus élevés de France. Cette exposition permanente au vent a d’ailleurs justifié l’installation, dès la fin du XIXe siècle, d’une station météorologique en altitude, ancêtre de la tour-radar qui domine aujourd’hui le sommet et sert de repère visible à des dizaines de kilomètres à la ronde.
Le mont est officiellement reconnu réserve de biosphère par l’UNESCO, un statut qui salue la diversité de ses milieux naturels : garrigue méditerranéenne et vignobles sur les contreforts, forêts de cèdres, de hêtres et de pins à crochets sur les pentes intermédiaires, puis une zone d’altitude quasi désertique passé 1 600 mètres, où seule une flore très spécialisée parvient à survivre. Certaines plantes de ce sommet, comme le pavot du Groenland habituellement présent bien plus au nord, en font une curiosité botanique étudiée depuis des siècles.
Pétrarque, premier grand nom à avoir gravi le Ventoux
L’histoire retient l’ascension du poète italien Pétrarque en 1336 comme l’un des tout premiers récits documentés d’une ascension entreprise pour le seul plaisir de contempler le paysage, à une époque où grimper une montagne sans raison pratique ou religieuse n’allait pas de soi. Sa lettre décrivant cette montée, adressée à un ami, est aujourd’hui considérée par certains historiens comme un texte fondateur du regard moderne sur la montagne, bien avant que l’alpinisme ne devienne une pratique reconnue.
Le Ventoux et le Tour de France
Aucune montagne française n’est autant associée au cyclisme que le Mont Ventoux. Inscrite à plusieurs reprises au parcours du Tour de France depuis les années 1950, son ascension est redoutée pour la combinaison unique qu’elle propose : une longueur importante, une pente irrégulière mais globalement sévère, et surtout ces derniers kilomètres à découvert, sans un arbre pour faire de l’ombre, où le vent et la chaleur réfléchie par la roche blanche peuvent transformer la montée en épreuve extrême. C’est sur cette portion, en 1967, que le coureur britannique Tom Simpson s’est effondré et n’a pas survécu, une tragédie qui a marqué durablement l’histoire du cyclisme. Un mémorial de pierre, situé à environ un kilomètre du sommet, lui rend hommage ; de nombreux cyclotouristes s’y arrêtent encore aujourd’hui, parfois pour y déposer un bidon ou une casquette en signe de respect.
Les trois ascensions à vélo
Depuis Bédoin, la plus mythique
C’est la version que le Tour de France emprunte le plus souvent, et la plus redoutée des cyclotouristes : environ 21 kilomètres depuis le village jusqu’au sommet, pour un peu plus de 1 600 mètres de dénivelé positif. Les premiers kilomètres, sous le couvert forestier, restent raisonnables ; les six derniers kilomètres, une fois sortis de la forêt, sont les plus exposés et les plus redoutés, sans ombre ni point d’eau, avec un pourcentage moyen qui ne faiblit jamais vraiment.
Depuis Malaucène, la version la moins fréquentée
Longue d’environ 21 kilomètres également, cette face nord-ouest est un peu moins connue du grand public mais tout aussi exigeante, avec une pente globalement plus régulière que celle de Bédoin. Elle offre l’avantage d’un trafic généralement plus faible en pleine saison.
Depuis Sault, la plus accessible
Plus longue (environ 26 kilomètres) mais avec un pourcentage moyen nettement plus doux, cette ascension est traditionnellement recommandée à qui grimpe le Ventoux pour la première fois. Elle traverse notamment les célèbres champs de lavande du plateau de Sault, un bonus esthétique appréciable en juillet, au moment de la floraison.
Randonner jusqu’au sommet
Le Ventoux se rejoint aussi très bien à pied, par plusieurs sentiers balisés qui n’exigent pas nécessairement de partir du pied de la montagne. Depuis le chalet Reynard ou le col des Tempêtes, déjà situés en altitude, une à deux heures de marche suffisent pour atteindre le sommet, une option accessible à des randonneurs de niveau moyen. Pour une expérience plus complète, plusieurs itinéraires permettent de traverser les différents étages de végétation depuis la vallée jusqu’au sommet, sur une demi-journée à une journée complète selon le point de départ choisi. Le sentier qui part de Bédoin en passant par le Grand Chêne et le Ermitage Saint-Sauveur, par exemple, permet de vivre cette transition progressive entre garrigue, forêt et paysage minéral.
Sur les derniers hectomètres avant le sommet, le sol calcaire, instable et parfois glissant, demande une attention particulière : de bonnes chaussures de randonnée ne sont pas un détail superflu, même pour une sortie qui semble courte sur le papier.
Ce qu’on découvre au sommet
- Un panorama qui, par temps clair, s’étend sur les Alpes au nord-est, le mont Blanc parfois visible aux jumelles, la vallée du Rhône, les Cévennes, et jusqu’à la mer Méditerranée au sud.
- La tour de l’observatoire, bâtiment emblématique visible à des dizaines de kilomètres, toujours en activité pour la surveillance météorologique.
- Le mémorial Tom Simpson, halte incontournable pour les cyclistes qui grimpent depuis Bédoin.
- Un contraste saisissant entre le versant sud, aride et très exposé au soleil, et le versant nord, nettement plus frais et boisé, deux ambiances presque opposées à quelques kilomètres d’écart.
Le Ventoux en hiver
Passé les beaux jours, le sommet change complètement de visage. La route sommitale ferme généralement de la fin de l’automne jusqu’au printemps en raison de la neige, et la petite station du Mont Serein, sur le versant nord, ouvre alors ses pistes de ski alpin et de fond, une facette du Ventoux méconnue de la plupart des visiteurs d’été.
Les villages au pied du Géant de Provence
Bédoin, Malaucène et Sault, les trois villages de départ des ascensions cyclistes, méritent chacun une halte pour leur propre caractère : Bédoin pour son marché provençal animé et son église baroque, Malaucène pour ses platanes centenaires et ses fontaines, Sault pour ses champs de lavande et sa nougaterie réputée dans toute la Provence. Un peu plus loin, les villages perchés du Luberon ou les vignobles de Châteauneuf-du-Pape permettent de prolonger facilement la découverte de cette partie du Vaucluse.
Conseils pratiques
La route du sommet ferme une bonne partie de l’année, généralement entre novembre et avril selon l’enneigement, ce qui vaut aussi bien pour les automobilistes que pour les cyclistes qui espèrent grimper hors saison. Même en été, le vent au sommet peut faire chuter la température ressentie de plusieurs degrés par rapport à la vallée : un coupe-vent dans le sac reste indispensable, à vélo comme à pied. Partir tôt le matin permet d’éviter à la fois la chaleur des heures les plus chaudes et le trafic, notamment sur la route étroite qui mène au sommet, très fréquentée en pleine saison estivale.
Questions fréquentes
Quelle est l’altitude du Mont Ventoux ?
Le sommet culmine à 1 912 mètres, ce qui en fait l’un des points culminants de Provence, largement visible depuis la vallée du Rhône et une bonne partie du Vaucluse.
Quelle est l’ascension à vélo la plus facile ?
Celle depuis Sault est généralement considérée comme la plus accessible, grâce à un pourcentage moyen plus doux que les versants de Bédoin ou de Malaucène, malgré une distance plus longue.
Peut-on monter en voiture jusqu’au sommet du Ventoux ?
Oui, lorsque la route est ouverte, généralement de la fin du printemps à l’automne. Elle ferme le reste de l’année en raison de la neige et du verglas.
Pourquoi le sommet du Mont Ventoux est-il blanc ?
Ce blanc caractéristique n’est pas de la neige permanente mais du calcaire mis à nu par l’érosion et le vent, qui empêchent toute végétation de s’installer sur cette partie du sommet.
Combien de temps dure l’ascension à vélo depuis Bédoin ?
Comptez généralement entre 1h30 pour les cyclistes les mieux entraînés et plus de 3 heures pour un rythme cyclotouriste, sur environ 21 kilomètres et 1 600 mètres de dénivelé.
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